Mieux penser, ça s’apprend?

L'étonnement, condition première du questionnement

 

Si je vous dis :
« grands philosophes », vous pensez à Socrate, Platon, Descartes…

Et si je vous disais qu’un de ces
grands philosophes, c’était votre enfant !

 

La philo est fille de l’étonnement ;  et qui d’autre plus qu’un enfant pour s’étonner devant le monde, pour poser des questions qui nous laissent perplexes, dont on n’a pas de réponses, qui nous importune, qu’on préfère évacuer d’un revers de main parce qu’elles semblent trop complexes et trop perturbantes ou déstabilisantes pour les aborder avec votre enfant.

En fait, pour être honnête, c’est plus nous, que notre enfant, qui sommes déstabilisés par la question. Ce jeune enfant a juste soif de se questionner. Pour lui, pas (encore) de tabou, de préjugés, de repères fixés par la culture ou l’expérience. Il lui suffit d’ouvrir les yeux pour lui donner mille occasions de se demander avec un réel plaisir et une réelle urgence « pourquoi en est-il ainsi ? » et « pourquoi pas autrement ? »

Il est des questions que vous entendez, mais il en est encore plus qu’il ne demandera jamais. Déçu que vous ne prêtiez pas tant d’intérêt à ses questionnements essentiels, et il poursuivra son énigme, seul. Puis avec le temps, voilà ce qu’il risque : des réponses formatées et toutes faites viendront supplanter ses questions, les étouffer. Il vivra en conformité avec des réponses qui ne lui appartiennent pas et oubliera l’essentiel qui l’animait tant.

C’est pourtant en s’interrogeant sans cesse sur les grandes questions qu’il fera ses meilleurs choix de vie, des choix qui lui correspondent. C’est en se forgeant un esprit critique affuté qu’il distinguera bien ce qui est bon pour lui ou pas, qu’il s’épanouira et sera heureux. Heureux et libre : parce qu’il trouvera les moyens de vivre en accord avec ses valeurs. Il ne pas tombera aveuglément dans les pièges des fake news et ne sera pas facilement embrigadé ou manipulable par tout type de pouvoir, à l’école, en entreprise, en politique, etc. Habitué aux habiletés de pensée, il fera naturellement la chasse aux pièges de la sophistique et du marketing. Nourrissant son insatiable  curiosité avec d’autres, il gagnera en confiance personnelle. Sachant penser out of the box et se défiant des normes établies sans fondement, il sera doté d’un esprit d’innovation plus puissant et osera affirmer et défendre ses idées novatrices.

Et Qui ne veut pas grandir en discernement et savoir pourquoi on fait les choses pour mieux les réaliser en conscience?

Croyez-en en ses capacités et en ses perspectives. Et laissez-les donner corps et vie à sa vision parce que c’est possible.

Comme l’a si bien dit Matthew Lipman, le co-fondateur de la PPE : « La philosophie n’est pas une question d’âge mais de la capacité de réfléchir scrupuleusement et avec courage sur ce que l’on trouve important. »

Un défi difficile: le courage de la vérité

Mais on le sait bien, suivre comme des moutons et se laisser aller à une certaine passivité critique est une voie bien plus facile et moins contraignante: Exercer son jugement critique exige une vigilance de toute épreuve, tant les sollicitations sont nombreuses et tant l’information afflue. Il est facile de s’adonner à une certaine forme de paresse intellectuelle, même inconsciemment. Cette vigilance ne va pas de soi et s’acquiert avec l’entrainement régulier.

 

 

Mais parfois on ne sait pas comment s’y prendre. Cet exercice implique ne pas être sans cesse dans le mouvement mais de se poser, de prendre du recul. Un temps précieux qui, avec le rythme effrené de nos journées et les impératifs à accomplir, passe souvent à la trappe. Mais un temps de qualité pour l’introspection pour mieux vivre l’instant présent, mieux faire la part des choses, serait pourtant bénéfique pour tous les autres aspects de la vie et éclaircirait le reste de la journée.

D’autres fois, ce n’est pas le temps qui manque : on se refuse de faire sauter ses fausses croyances: faire passer la réalité avant ses croyances, ça nécessite une certaine dose de courage. Et montrer sa vulnérabilité face à un enfant, ce n’est peut-être pas une chose qui nous met forcément tout le monde à l’aise. 

Mais un défi essentiel et salvateur!

La plupart des enfants attendent la fin de la scolarité pour aborder la discipline philo. Mais attention, il s’agit alors d’apprendre à jongler avec les théories de grands auteurs, mais pas vraiment de philosopher soi-même. Voilà cependant ce que j’ai ressentis : une sorte de soulagement ! Ah, ça existait donc bien des gens qui se posaient des questions essentielles, des gens qui cherchaient à considérer des sujets sous tous les angles pour mieux comprendre le monde et les autres. J’ai alors compris à ce moment-là que je n’étais pas si singulière avec mes questions en permanence et le plaisir que j’y trouvais à les tourner dans tous les sens. Et j’ai aussi compris que toute mon enfance, j’avais été une philosophe frustrée. Frustrée parce que si j’avais cette envie de réfléchir en profondeur à des questions philosophiques, je me sentais seule dans cette quête et je n’avais pas les outils pour faire avancer les problèmes qui se posaient à moi. Je les laissais alors en stand-by. C’est dommage ! Puis, plus tard, de l’autre côté de la scène pédagogique, j’ai compris aussi que quasiment  tous les enfants avaient vécu cette même frustration.

Une nécéssité? Pourquoi donc?

Parce que penser, ça s’apprend !

Parce que c’est un voyage extraordinaire que tous les enfants recherchent!

Parce que c’est une urgence dans un monde actuel aux prises avec les éventuelles dérives technologiques, éthiques et politiques.

Parce que la philosophie créative a un pouvoir émancipateur !

On a décidé de donner la chance à plus de jeunes de s’engager dans ce voyage. En devenant Philonautes, des jeunes des quatre coins du monde explorent les grandes questions. Ensemble. Ensemble, parce que prendre en considération le point de vue de l’autre, c’est une habileté éthique essentielle car elle permet une plus grande objectivité. De même que les astronomes vont étudier une planète à partir de différentes positions terrestres pour apprendre à la connaitre plus objectivement et plus totalement, de même les Philonautes font le pari d’entreprendre, en équipe de recherche, cette quête du Pourquoi.

On part des expériences et des conceptions des jeunes de tout âge en leur offrant des façons inspirantes de se questionner et en les accompagnant dans la découverte de raisonnements complexes et fascinants. Le but n’est pas de donner aux jeunes des réponses toutes faites, mais d’encourager leur curiosité et leur désir de s’aventurer dans les questionnements qui leur tiennent à cœur !

Mais comment s'y prendre?

Si vous êtes toujours là, c’est sans doute que cette démarche vous parle. L’expérience et les études ont effectivement démontré que la pratique de la philo créative mettait tout simplement des atouts considérables dans le jeu des enfants. Je vais vous en présenter 5 principaux et comment vous pouvez d’ores et déjà les solliciter, chez vous:

Comment? 

-En prenant un moment pour réfléchir ensemble à notre bilan à la fin d’un voyage philosophique.

-Quelles sont les définitions provisoires que nous avons désormais à propos des concepts clés?

-Quelles sont nos pistes de réponse aux questions posées ?

-Dans un cahier de Philonaute dédié, vous pouvez encourager l’enfant à noter les nouvelles interrogations, pour les protéger comme de précieux trésors de la quête, et les aborder plus tard afin de pousser plus loin le raisonnement des Philonautes ou sa propre réflexion !

 

Alors maintenant, pose-toi la question. Comment est-ce que tu peux utiliser une de ces clés-là la prochaine fois que tu vas être confronté à telle situation?

 

Je suis curieux de savoir, laquelle des stratégies que je viens de te partager te parle le plus, la 1, la 2, la 3, la 4 ou la 5 ?

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