La Question Philosophique: Ingrédients et recette!

Avez-vous déjà joué à ce jeu consistant à « remonter à la source » dans l’encyclopédie la plus consultée aujourd’hui, j’ai nommé wikipedia ? La règle est très simple, mais le résultat épatant et fiable à coup sûr ! Il suffit rechercher un mot lambda, n’importe quelle entrée dans l’encyclopédie puis de cliquer sur le premier mot lien par lequel débute l’article et ainsi de suite. Très rapidement, en général en moins de 10 clics, vous atterrirez à chaque tentative sur la même page. Laquelle ?

Un indice ? Vous remarquerez que le premier mot de chaque article a pour but de catégoriser la chose que vous recherchez, de l’inclure dans un ensemble. De proche en proche, telles des poupées gigognes, du particulier au général, on remonte donc naturellement à la catégorie des catégories, à la cause des causes, vers le fondement qui donne sa raison d’être à toute chose, même les plus saugrenues. Alors, toujours pas d’idée ?

Eh bien, quel que soit votre point de départ, sachez que tous les chemins mènent à … LA PHILOSOPHIE ! Essayez plutôt vous-même de vous livrer à ce petit jeu!

Quand l'arbre cache la forêt de questions...

La philosophie étant le socle sur lequel repose toute chose, le cadre englobant toute catégorie, TOUT peut donc faire servir de point de départ pour entreprendre une enquête philosophique. Tout ? Je vous vois dubitatif ?

Pas de souci, je l’étais aussi au début. Il y a quelques années, j’entrainais une jeune étudiante chinoise de 8 ans à l’apprentissage de la lecture. Toutes les deux phrases, elle ne cessait de poser plein de questions portant sur des moindres détails, que je jugeais insignifiants et sans valeur ajoutée. Cette insistance m’avait d’abord quelque peu agacée, avant d’y prendre finalement goût peu à peu et d’entrer dans son jeu avec amusement et finalement grand intérêt. Après tout, c’est vrai ça, « est-ce que le prince était grand ? », « Pourquoi les renards sont toujours rusés dans les histoires ? », ou « de quelle couleur était la pantoufle de vair ? », ça ne manquait pas de sel et ça démontrait que mon élève faisait preuve de jugeote. Seulement elle manifestait ce bon jugement dans ses termes à elles, à sa manière, ce que je n’avais pas perçu ainsi de prime abord. Par ailleurs, j’ai réalisé que ce qui peut paraitre évident dans ma culture ne l’est pas nécessairement dans une autre. Ce décalage évident des perceptions n’est d’ailleurs rarement exprimé par les adultes ; ce qui n’est pas sans générer d’inévitables quiproquos et incompréhensions. C’est une chance que les enfants extériorisent leur étonnement ; cela nous permet de comprendre un peu mieux leur perspective.

Je vérifiais alors le sens de la question pour l’inviter à la reformuler de façon plus adéquate. Puis ensemble, au fur et à mesure de la discussion, on s’apercevait quasiment toujours que sous cette question s’en cachaient en réalité plusieurs autres.

Par exemple, au sujet de Cendrillon et de sa pantoufle, on pourrait investiguer dans l’histoire pour déterminer à la Sherlock Holmes si certains indices se cachent pour en connaitre la couleur. Faute d’indices, on pourrait se demander s’il faut qu’une chose possède une couleur pour la connaitre. Puis s’interroger sur ce que l’on dit quand on prétend connaitre une chose. A partir de quand peut-on affirmer qu’on connait une chose ? (investigation épistémologique)

Qu’est-ce qu’un grand prince ? Parle-t-on de sa taille ou de sa puissance ou d’autre chose… ? Il fallait d’abord éclairer cet aspect. Concernant la taille du prince, on s’est demandé si sa taille jouait un rôle dans sa fonction de prince ou si être grand ou petit avait un impact vis-à-vis de sa relation avec la princesse qu’il aspirait épouser. De fil en aiguille, ceci nous a amenés à des considérations éthiques. Puis on s’est interrogé sur la mesure de la grandeur : « A partir de quand dit-on que quelqu’un est grand ? »

Pour ce qui est de la ruse de tous les renards, on a cherché à savoir si la phrase « tous les renards sont rusés » équivalait « tous les rusés sont des renards ? » Si une phrase commençant par tout, est vraie, demeure-t-elle encore vraie lorsqu’on la renverse?  Non ? Alors est-ce toujours le cas, pourrait-on en faire une généralisation ou pas ? Voyez-vous ! En partant de compère renard, nous voilà en train de faire des investigations  logiques. Qui l’eut cru ? N’est-ce pas magnifique de profiter de tout ce potentiel !

J’ai alors découvert à quel point ces questions qui peuvent paraitre anodines dans la bouche des enfants méritent une attention certaine. Rappelez-vous que c’est l’étonnement qui donne naissance au questionnement. Qui seriez-vous pour préjuger que cet étonnement et ce questionnement sont incompréhensibles, insensés ou inintéressants ?

Gardez donc en tête cette question essentielle comme point de départ, d’où peuvent démarrer bien des voyages philosophiques: « Et toi, qu’est-ce qui t’étonne ? (dans cette histoire, cette image,…) »

Comment passer d’une question factuelle à une question philosophique ?

Il faut dire que communément, on attend d’une question philosophique qu’elle respecte la règle des trois C : qu’elle porte sur un concept Central qui implique une expérience Commune à tout le monde et que la réponse argumentée proposé ne soit pas Contestable.

Si je demande : « Combien de nains habitent dans la forêt avec Blanche Neige ? », la question est factuelle et la réponse technique : il suffit de compter. Mais si, intrigués par l’enthousiasme jovial des nains à travailler dans leur mine de diamants,  vous me demandez : « Faut-il travailler pour être heureux ? » alors la question devient philosophique. Pourquoi ?

FORMULATION
On peut distinguer plusieurs types de questions philosophiques.

Maintenant que tout devrait être plus clair, sauriez-vous distinguez dans cette liste les questions philosophiques ?

 
  1. Si on était immortel, la vie aurait-elle un sens? 
  2. Qu’est-ce qu’on mange ce soir?  
  3. Existe-t-il des cultures supérieures à la nôtre ?
  4. Les OVNI existent-ils ?
  5. L’éducation est-elle une forme de propagande?
  6. Le dialogue exclut-il toute violence ?
  7. Quelles études suivre pour devenir avocat ?
  8. Qu’est-ce qui distingue l’astrologie de l’astronomie ?
  9. Choisissons-nous notre passé? 
  10. Une société a-t-elle davantage besoin de scientifiques que d’artistes ? 
  11. L’homme peut-il vivre pleinement sans désirer ?
  12. Qu’est-ce qui distingue l’homme de l’animal ?
  13. Y a-t-il une vie après la mort ?
  14. Toutes les opinions se valent-elles ?
  15. A quel moment le Big Bang a-t-il eu lieu ?
  16. Qu’est-ce qu’une loi juste pour tous ?
  17. Pourquoi travaillons-nous ?
  18. Qui suis-je ?
  19. Oh miroir, suis-je la plus belle?
  20. Est-ce que c’est vrai qu’il en faut peu pour être heureux ?

partager :

Facebook
Twitter
Pinterest
LinkedIn

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

On Key

Ca pourrait vous intéresser aussi...

Quand tu joues ta vie…

Du dynamisme entre les neurones        ou    Comment se mettre en mouvement pour mieux penser Le travail

Chez soi comme ailleurs

« D’où viens-tu ? » Anodine, cette question ? A en croire le réflexe défensif avec lequel certains y répondent,

Mascarade du bonheur

Du rire à l’inquiétude Le clown a le cœur gros derrière son sourire angélique. Il nettoie sa peine et se

Au bal masqué, ohé, ohé!

Une philosophie du masque Un carnaval, des carnavals : transgression de la norme jusque dans la grammaire*.  Quelques jours d’exception,

Retour haut de page